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Réponse de Mr Ange Santini, Président du Conseil Exécutif, à une question que je lui ai posé sur son blog le mardi 17 février 2009 à 16:38, au sujet d'un éventuel risque d'un mouvement social semblable à celui de la Guadeloupe en Corse...
Le mardi 17 février 2009 à 16:38, par henry jones
Cher monsieur Santini,
Suite à un article paru aujourd'hui, Mardi 17 Février 2009, sur Corse-matin au sujet d'un sondage ifop selon quoi près de deux Français sur trois pensent que la métropole (et donc la Corse) pourrait connaitre un mouvement social semblable à celui de la Guadeloupe, afin de dénoncer la vie plus chère, salaires plus bas, problèmes de continuité territoriale, gestion chaotique des gouvernements successifs, revendications politiques, etc... l'inquietude grandit et je le comprend et de plus en plus de nos concitoyens dans notre île sont touchés par la précarité , mais je mets tout de même en garde, si un mouvement social d'une telle ampleur touche notre région en plus de la conjoncture difficile que l'on connait aujourd'hui, cela aurait un effet dévastateur sur notre économie et beaucoup de nos petites entreprises, qui font principalement le tissu économique de notre île et pour la plupart saisonnières, pourraient ne pas s'en relever et par la même accroître la précarité et le chomage dans notre région...la corse aura beaucoup de mal à s'en remettre...J'aurai voulu avoir votre sentiment à ce sujet, la position de la CTC et celle de l'assemblée de Corse??? MERCI de me repondre
Cordialement,
Henryjones
Le jeudi 26 février 2009 à 14:27, par Ange Santini
Cher monsieur,
J'espère tout d'abord que vous pardonnerez ma réponse un peu tardive, ne disposant malheureusement pas toujours du temps souhaité pour répondre promptement aux internautes. Pour répondre malgré tout clairement à votre interrogation, sachez que je comprends et partage votre inquiétude ainsi que celles de nos compatriotes face à la période d'incertitude qui s'ouvre. Même si les indicateurs globaux en Corse sont rassurants (notre région sera en 2009 la seule à connaître une croissance positive), comme l'a encore récemment indiqué le comité de suivi de la crise mis en place par la Préfecture de Corse, il nous faut néanmoins rester extrêmement vigilant et prudent. Car nul doute que la Corse finira à moyen terme, comme l'ensemble des régions, par être touchée par cette crise.
C'est pourquoi, à mon sens, la reproduction chez nous d'un mouvement social « à la guadeloupéenne » (fondé d'ailleurs en grande partie sur des revendications spécifiques et non comparables) serait en cette période fragile un très mauvais signal envoyé à notre économie. Nous avons encore tous en tête les conséquences préjudiciables qu'avait eu en Corse le dernier grand mouvement social.
C'est donc pour aider les entreprises et les ménages à traverser cette période de turbulence, que le Conseil Exécutif a réagi rapidement en mettant en place une série de mesures volontaristes destinées à sécuriser et consolider l'économie insulaire en garantissant un niveau d'activité élevé et en facilitant le financement des projets des entreprises.
S'agissant du monde entrepreneurial, la priorité est ainsi donnée aux dépenses d'investissement créatrices d'activité. Premier donneur d'ordre régional, la CTC a pris l'engagement de maintenir le niveau et le rythme de ses investissements pour booster la commande publique et permettre ainsi aux entreprises, notamment des travaux publics, qui avaient des projets d'investissement et de création d'emplois, de les réaliser normalement.
Pour lutter contre la vie chère et défendre le pouvoir d'achat des ménages, et bien qu'elle ne dispose pas de compétences directes en la matière, la CTC a pris la décision de ne pas augmenter la pression fiscale, directe et indirecte, en 2009. La Corse restera donc la région la moins chère en matière de cartes grises et de taxes sur le foncier bâti. Autre priorité : la défense de l'emploi. Via le programme Corsemploi, géré par l'ADEC, 1,5 million d'euros sont mis chaque année, sous forme de subventions, à disposition des chefs d'entreprises créateurs de CDI.
Au-delà de ces mesures, tous programmes confondus, le Conseil Exécutif souhaite que l'effort de la Collectivité territoriale en faveur du développement des entreprises insulaires s'intensifie en passant de 16 millions d'euros en 2008 à 28 millions d'euros en 2009. Il en va ainsi du projet de création d'une « Plate-forme régionale de financement de l'économie » qui doit permettre de mobiliser 8 millions d'euros, avec le concours de l'Etat, de la Caisse des Dépôts et Consignations et de l'Union européenne pour mettre à disposition des entrepreneurs insulaires des outils financiers adaptés et rapides. Concrètement, l'initiative vise à s'adjoindre le concours des banques pour faciliter, via l'obtention plus aisée de crédits, le financement en moins de 45 jours de projets des entreprises. Deux autres millions iront par ailleurs au Fonds régional de garantie instauré avec Oséo qui soutient l'innovation et la croissance des PME. La finalité de l'opération étant de garantir les prêts bancaires à hauteur de 70 %. La CTC étudie également d'autres formes d'intervention comme le recours à un système de gestion d'avances remboursables et de crédit-bail immobilier...
Comme vous le constatez, la Collectivité territoriale de Corse reste donc plus que jamais mobilisée pour faire face à la brutale dégradation de l'environnement économique et ses possibles conséquences au plan local.